à propos d’elle…

VOI : X

«  Au coeur des improvisations et compositions s’éprouve une langue que je nomme «  langue des bois » : l’impossibilité de dire qu’avec le langage dominant et signifiant. Cette langue de résistance, inarticulée, peut donner voix à celles et ceux qui n’en n’ont pas ou peu, elle émane de l’immédiat, ancestrale et futur… langue des bruits, des muets, des biotopes, des invisibles, des invalides, des chants improvisés lambeaux de mots…langue des soins, des cris, des souffles, langue en désœuvrement, vibration de lune. » 

Natacha Muslera commence à élaborer une recherche expérimentale, poétique et sonore, de l’instrument voix (dé)langage, au début des années 90 à Paris. Les performances et compositions de l’artiste confrontent tout autant les potentiels vocaux que les problématiques de normalité et d’esthétique, c’est à dire les limites que l’on assigne à la voix : celle de genre, de sexe, de classe, de registre, de langage dominant, ainsi qu’à la prédominance de certain sens.

Par ailleurs, Natacha aime nourrir des pratiques vocales collectives et expérimentales, dans différents contextes (centre sociaux, école d’art,  centre psychiatriques, pénitencier…).

En résidence depuis 2013 au Gmem, centre national de création musicale situé à Marseille, elle y poursuit différentes recherches et créations.

Son cheminement est jalonné de nombreuses rencontres et collaborations, où se tissent des affinités profondes avec les artistes eRikm,  Michel Doneda, Cécile Duval, Catherine Jauniaux, Aude Romary, Christophe Cardoën, Terminal Beach & Oracle (collectifs d’artistes)

Ces recherches prennent vie et se concrétisent lors de concerts, d’improvisation libre, de performances sonores et plastiques, en France et ailleurs: Inde, Italie, Grèce, Russie, Belgique, Argentine, Allemagne, Québec, Canada, Islande, Hongrie, Espagne, Maroc, Autriche, Palestine, Suisse…

Au fil du temps, ces travaux, essais, mutent et revêtent différentes formes : improvisation vocale, performances, écritures expérimentales, pièce concrète et radiophonique, audio poème, danse acousmatique, film, vidéo, acte et rite sonore, partition, installation, pratique vocale collective, lecture, écoute, laboratoire, atelier tarot, soin par les voix..

Plus précisément, la pratique de l’artiste interroge le « choeur » (sans chef) comme potentiel inouï, intrinsèquement micro politique, terrain d’expérimentation multiple où ce qui fait commun s’invente, de manière éphémère et discrète. Elle met en pratique différents choeurs nomades dés les années 90 : Choeur terrain vague, Choeur pré-socratique (avec Gerard Vincent), Cent choeur, Choeur in situ…

En 2012, Natacha insuffle Choeur tac-il, un choeur avec voyants et non voyants, dans lequel elle continue de concevoir de nouveaux modes compositionnels, distanciés du champ visuel — Blind partition, Ecriture empathique et par contact, cOde digitale — associé à la création inédite d’un robot dit « haptique ». Le Centre national de création musicale, Gmem, à Marseille collabore dés ses débuts à cette aventure.

Un Laboratoire de création vocale s’active à Marseille en 2015, Natacha partage une pratique vocale libre, des techniques, des soins, reliés à des recherches transversales, des lectures et écoutes, relatant (ou échappant à.. ) une histoire autonome et concrète des musiques orales, écrites, improvisées, des chants traditionnels et contemporains, de la poésie et des arts sonores.

En 2016, avec l’artiste eRikm, ils bénéficient d’une bourse de l‘Institut français, HORS LES MURS, tout deux  rencontrent la communauté Innu, et composent une création radiophonique « Nitassinan, le territoire nous enseigne la nuit » diffusée sur France culture « Création on air » en 2017, ainsi que sur les radios communautaires au Québec. 

En 2019, Natacha Muslera et Alex Quérel obtiennent la bourse Brouillon d’un rêve sonore, pour une création sonore avec Choeur tac-til.

Ses pièces concrètes et créations radiophoniques sont diffusées sur les ondes locales, nationales, internationales et web radio, site collectif, festival : radio galère, radio grenouille, radio libertaire, france culture, france musique, EAR YOU ARE Bruxelles, Wi Watt’heure, P-node, Résonance Montréal, Chimères Athènes Grèce…                                             

RESIDENCES 2021-2020                                                                                                                                                 

2021 CHOEUR TAC-TIL  JAPON  : Kyoto, Kobe, Osaka… // 2020 Résidence Gmea avec Aude Romary et Angelica Castello // 2020-2021 Résidence Gmem : Choeur tac-til, Laboratoire vocal, Bed Makers // 2019-2020 Résidence et pratique autour des notions du son et du soin – création Pierre redon avec thérapeutes, psychiatres, chaman.e.s invités et muscien.e.s : Mira Céti, Naomi Sato, Yifei Hua, Johanni Curtet, Jean Noel Godard, Mandaakhai Daansuren, Natacha Muslera, Centre hospitalier psychiatrique Cadillac, Lycée Technique, Bourganeuf // 2020-2021 Atelier mensuel « Choeur augmenté » La Compagnie, Marseille

CREATIONS EN COURS                                                                                                                    

CHOEUR TAC-TIL — ZOUND ART/ ZA_OUM_BA_UMP’F avec Cécile Duval (comédienne, poète)COYOTE avec Michel Doneda (saxophones), LE UN (grand ensemble) et le bureau des dépositions — MUTANTES avec Aude Romary et Angelica Castello — BED MAKERS  avec Mathieu Werchowski , Dave Kane, Robin Fincker, Fabien Duscombs — LIMBE avec Aude Romary (violoncelle), Christophe Cardoën (lumières) Stephano Taiuti (danse) — ORCHESTRE DE LA PLAGE avec des Enfants, David chiesa, Christophe Cardoën, Jéranium

PERFORMANCES VOCALES  Incantation 2021 (voix et tambour acoustiques) — Staying with the trouble (micro poème vocal amplifié)Manifestation sauvage (voix en extérieur, acoustique)Ondes courtes, conversation avec l’eau delà (radio, voix aérienne et aquatique)

Rencontres artistiques éphémères ou créations communes au long cours de maintenant à 1990 et pas dans l’ordre

Alexander Frangenheim, Benoit Cancoin, Simon Fell, Martine Altenburger, Lê Quan Ninh, Oracle (Caroline Daish, Justine Maxelon, Michèle Yang), Cécile Sans, Michel Simonot, Jean Luc Guionnet, Eric la Casa, Aude Romary, Christophe Cardoën, Stefano Taïuti, Floy Krouchi, Ana Maria Rodriguez, Cécile Duval, Erikm, Michel Doneda, Terminal beach, Nicolas Gerber, Boris Belay, Patrick Portella, Catherine Jauniaux, Caroline Daish, Objet direct, Jean Sébastien Mariage, Davide Barbarino, Wilfried Wendling, Emmanuel Cremer, Harris Lambrakis, Stephanos Chytiris, Jean Carl Feldis, Nodal (David Chiesa, Mathieu Chamagne, Frédérique Blondy, Lê Quan Ninh, Isabelle Dutoit, Pascal Bathus, Laurent Hovenaers, Mathieu Werchowski, Vincent Geais, Bertrand Gauguet, Sébastien Cirroteau, Michel Doneda, Jean Sébastien Mariage) Marie Passarelli, Gianni Gebbia, Christophe Chevalier, Nicolas Becker, Arsène Koundé, Ravi Magnifique, Raul Colosimo, Emiliano Turi, Emiko Sharpley, Bettina Kee, Frédéric Galliay, Philippe Thifaine, Massimo Carozzo, Titus Hoppman, Nicolas Gorge, Stéphanie K Echeinberg, Gilbert Roggi, Gerard Vincent,Pascal Cornus, Sylvie Beaujard, Damien Shultz, Américo Rodrigues, Sala Benkou, Bartolomé Ferrando, Aymeric Hainaux, Herma Auguste Wittstock, Llorenç Barber, BBB Johannes Deimling, Philippe Foch, Soizic Lebras …

« Pratiquer un polyglottisme sauvage, à la fois brumeux et ciselé, ce n’est pas rien dans une société de contrôle comme la nôtre, d’une certaine manière cela nous confronte à notre inconscient colonial : maîtres fous, âmes offensées… » NM

retour accueil